LES GLOBES DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

Parmi les 189 globes et sphères conservés au Département des Cartes et Plans de la Bibliothèque nationale de France, 19 pièces font partie des collections de la Société de Géographie. Sans entrer dans le détail d’une description trop systématique, on peut les regrouper en trois grands ensembles chronologiques, du XVIIe au XIXe siècle, et les rattacher à quatre écoles de production : flamande, anglaise, française et allemande.

Les globes hollandais, tout d’abord, comportent huit pièces réparties en deux groupes et sur deux siècles : quatre globes de Blaeu et quatre des Valk, et pour chaque groupe, deux globes célestes et deux terrestres. De Willem Janszon Blaeu (1571-1638), le plus ancien est un globe céleste de 1603, de 33,7 cm de diamètre (dimension extérieure 47 cm) et de 51 cm de hauteur. Nous avons ensuite une paire de globes, céleste et terrestre (2) de 1606 (diamètre 13,5 cm, hauteur 26 cm) montés chacun sur quatre pieds en bois tourné ; un globe terrestre de 1682 (3) enfin, mais édité par Joannès Van Keulen. Ces quatre globes sont produits à Amsterdam. Il en va de même au siècle suivant pour ceux des Valk (Gerhard, Ca 1650-1726 ; Léonard, 1675-1755), également au nombre de quatre et qui doivent être décrits par paire : datés de 1715, un globe terrestre et un globe céleste (46,2 cm de diamètre sur environ 62 cm de hauteur) et de 1750 un globe terrestre et un globe céleste également (31,2 cm de diamètre sur une hauteur de 45,5 cm) tous montés sur quatre pieds colonnes. Une pièce non datée, mais probablement du XIXe siècle, présentée sans pied, de 41,5 cm de diamètre, est à rattacher aux globes hollandais : il s’agit d’un fac-similé d’un globe céleste de Mercator de 1571.

La production anglaise, toujours au XVIIIe siècle, est représentée par quatre globes des Adams (George, Ca 1704-1773 et son fils, George également, 1750-1795) : une paire de globes terrestres (1765) et céleste (1771), chacun de 30,5 cm de diamètre sur une hauteur de 57 cm environ, munis d’une table d’horizon réunie à un pied à base tripode comportant une boussole ; un globe terrestre daté vers 1770, sans pied, de 43,8 cm de diamètre, un globe céleste enfin, de 1775 (45,9 cm de diamètre sur 82 cm de hauteur), avec une table d’horizon reposant sur des quarts de cercle de bois réunis en un axe central terminé par trois pieds. Le tout est édité à Londres.

Toujours au XVIIIe siècle, la production française est magnifiquement représentée par une paire de globes, céleste et terrestre (7) de 1773, due à Didier Robert de Vaugondy, éditée à Paris, les globes mesurent chacun 45,5 cm de diamètre sur une hauteur de 92 cm ; ils sont montés sur une table d’horizon octogonale avec boussole encastrée, reposant sur cinq pieds de bois noir décorés de feuillage doré.

Pour le XIXe siècle enfin, la Société possède trois globes français et un allemand : tout d’abord un globe céleste de Jean-Baptiste Poirson (1760-1831), édité à Paris en 1817 (31 cm de diamètre sur 71 cm de hauteur). Puis un globe terrestre de Chartier (A.T.), gravé par A. Barclère, écrit par J.M. Hacq, édité à Paris en 1867 par la maison Delamarche (diamètre 28 cm, dimension externe 38 cm) ; ce globe est muni d’un méridien en laiton, d’une table d’horizon en métal noir, d’un pied assez massif, noir, également en laiton. Pour en terminer avec la production française, citons encore un globe de Emile Levasseur (1828-1911), daté de 1873 (environ 40 cm de diamètre sur une hauteur de 82 cm ; pied de bois noir). La pièce la plus récente est un superbe globe terrestre, « Erdglobus », allemand, dû à Heinrich Kiepert (1818-1899), édité à Berlin, chez Dietrich Reimer en 1879, monté sur un très large pied de bronze (47 cm de diamètre, sur 90 cm de hauteur). Il s’agit donc d’un ensemble assez homogène et de même provenance. En effet, au contraire des deux portulans (plus exactement un portulan et une peinture marine) entrés dans les collections avec le legs Roland Bonaparte, ces globes sont inscrits au registre d’inventaire et figurent au catalogue des matières, à côté des ouvrages du fonds ancien de la bibliothèque de la Société de Géographie.

(1) DUCLOS (France), Conservateur en chef au Département des cartes et Plans de la B.N.F., Acta Geographica, n° 104, 4e trimestre 1995, pp. 54 à 57.
(2) DUPRAT (Gabrielle), Liste des globes terrestres et célestes anciens (antérieurs à 1850) conservés dans les collections publiques de France, Paris, CNRS, 1970.
(3) PASTOUREAU (Mireille), Liste provisoire des sphères et globes du Département des Cartes et plans et de la Bibliothèque de la Société de Géographie (XIXe s. – 1ere moitié du XXe s.), octobre 1991, non publié.

LES CARTES DE LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE

Les cartes constituent un ensemble important de plus de 50 000 documents, pour la plupart classés mais en cours de catalogage. Environ 3 000 documents sont accessibles.

Parmi les cartes figure un splendide portulan de Giacomo Maggiolo daté de 1563, une peinture sur vélin de Fred Woldemar représentant un combat naval en rade de Macassar en 1660. Provenant également de la collection du prince Bonaparte une carte gravée de Corse due à Sutter et produite à Augsburg est datée par Ceccaldi de 1730. Dans la splendide collection d’atlas réunie toujours par R. Bonaparte il convient de signaler les Cartes générales de toutes les provinces de France, revues, corrigées et augmentées par le sieur Tassin, dans une édition inconnue de 1634, le Spieghel der Zeevaert, oeuvre de Luc Jansz Waghenaer datée de 1585, recueil maritime de cartes exceptionnel et fondamental jusqu’à la parution du Neptune français de 1693, le Theatrum orbis terrarum d’Ortelius dans son édition latine de 1591-1592, le Toonneell der Steden van’s konings Nederlanden de Blaeu daté de 1649.