Regardant vers lW-N-W,
ce point de vue embrasse une partie du Nord de la ville de Bordeaux et de
lagglomération bordelaise qui présentent ici une succession de paysages urbains
très différenciés.
Au premier plan : lancien quartier des Chartrons.(*)
Limité au sud par les parkings et lesplanade des Quinconces, par le Jardin
Public et le cours Xavier-Arnozan (non visibles sur la photo) et au nord par le cours du
Médoc et le quartier de Bacalan, le plus septentrional de la ville (également non
visibles), le quartier des Chartrons sinterrompt à lest avec le « front de
Garonne », ligne dimmeubles bordant le quai des Chartrons.
Jusquà la fin du 20e siècle, lespace
compris entre le quai des Chartrons et le fleuve, aujourdhui constitué de parkings
et de zones de promenade, était occupé par des entrepôts, des quais verticaux et des
cales inclinées desservis par des grues mobiles et des voies ferrées. Tout cela a
aujourdhui disparu, avec les activités portuaires commerciales situées dans les
limites de la ville proprement dite. Le « cours de la Martinique », lun des rares
axes un peu larges taillés dans ce quartier au début du 20e
siècle, rappelle la grande activité passée de ce port spécialisé, du 18e
au 20e siècle, dans les échanges avec lOutremer et les
colonies, notamment lAfrique de lOuest et les Antilles (**).
Les immeubles du quartier des Chartrons, tous construits en pierre de taille
(calcaire blond dAquitaine) et couverts de toits en tuiles, sont des bâtiments de 3
ou 4 étages sur le front de Garonne et de 2 ou 3 ailleurs, édifiés au 18e
(pour la plupart) ou au 19e siècles, avec quelques maisons «
hollandaises » datant du 17e siècle. Beaucoup ont vu leurs
façades restaurées, notamment sur le front de Garonne, certains étant inscrits à
l'inventaire des monuments historiques. Ils sont habités par des commerçants ou des
négociants, des membres des professions libérales, des chefs d'entreprises ou des hauts
fonctionnaires ainsi, dans la ZAC des Chartrons, récemment construite (non visible sur la
photo), que par des cadres moyens ou des employés. Dans ce secteur essentiellement
résidentiel, les commerces et les services sont nettement plus rares qu'au sud et à
l'ouest des Quinconces, à l'exception notable, dans une ou deux rues proches de l'église
Saint-Louis, des galeries d'art ou des antiquaires.
Au deuxième plan : la Cité du Grand Parc.
Limité à l'est par le quartier des Chartrons, à l'ouest et au nord par la
banlieue, cet ensemble d'immeubles collectifs, d'une dizaine d'étages en général, fut
construit dans les années soixante. Nommée ainsi par suite de son implantation dans un
ancien secteur de marais et de grands espaces verts, cette cité a hérité de ses
origines une structure assez aérée propice au développement d'espaces ludiques.
Constituée d'HLM, elle abrite aujourd'hui quelque 12 000 habitants, généralement des
employés ou des ouvriers travaillant à Bordeaux ou en banlieue ainsi que des retraités,
notamment des anciens agents municipaux. Les immeubles de cette cité assez calme ont
bénéficié d'opérations de réhabilitation dans les années quatre-vingt-dix.
Au dernier plan : la banlieue bordelaise (ici : le Bouscat).
Caractérisée par la rareté des grands immeubles, par une faible densité des
maisons individuelles, le plus souvent entourées de jardins, et par l'importance des
espaces libres (stades, espaces verts), cette banlieue est l'une des moins densément
peuplées de France : en 2001, les 27 communes de la Communauté Urbaine de Bordeaux
(C.U.B.), 5e agglomération française, comptaient quelque 660 000 habitants
(dont 218 000 à Bordeaux intra muros) sur 55 Km2,
soit, pour la seule banlieue, 442.000 hab. sur 45 Km2 environ,
soit une densité voisine de 9800 hab / Km2.
(*) Ainsi nommé par suite dune altération du nom des Chartreux,
Ordre monastique qui contribua fortement, dès le 15e siècle,
à mettre en valeur ce secteur marécageux, alors nommé « la Palu des Chartreux ».
Cest pourquoi ce quartier constitue aujourdhui, à certains égards, le «
Marais » (latin palus) de Bordeaux.
(**) Bordeaux importait alors sucre de canne, rhum, cacao, café, épices, fruits et bois
tropicaux tout en exportant des vins et des liqueurs ainsi que des produits manufacturés,
surtout alimentaires (chocolat, biscuits, sucre raffiné, huile darachide,
conserves
). Si les activités portuaires ont quitté les zones historiques du
centre-ville, le Port Autonome de Bordeaux comprend désormais 6 terminaux
spécialisés (Bordeaux-Bacalan-Nord, Bassens, Ambès, Blaye, Pauillac et Le Verdon) dont
les 5 derniers (Bordeaux-Bacalan-Nord est spécialisé dans la plaisance et les
croisières) ont traité quelque 9,3 MT de fret en 2000, ce qui place l'ensemble du port
au 7e rang des ports de commerce maritime français. Il reçoit principalement des
produits pétroliers et chimiques, des engrais manufacturés, de lalimentation
animale, du bois, et exporte céréales (le port de Bordeaux est le 1er port exportateur
de maïs en Europe), oléagineux et produits forestiers. Le commerce dexportation
des vins ne diminue pas, mais les précieuses bouteilles prennent désormais plus souvent
lavion ou la route que le bateau. Le terminal de Bassens (rive droite de la Garonne,
en aval de Bordeaux) est spécialisé dans les céréales, le multi-vrac, les conteneurs
et le bois, celui dAmbès (confluence Garonne-Dordogne : « bec dAmbès »)
dans les hydrocarbures et les produits chimiques, celui de Blaye (rive droite de
lestuaire de la Gironde) dans les céréales et les produits chimiques, celui de
Pauillac (rive gauche de lestuaire) dans les hydrocarbures et le bois et celui du
Verdon (pointe septentrionale de la rive gauche de l'estuaire) dans les conteneurs et le
bois. Pour plus de précisions, consulter http://www.bordeaux-port.fr/fr/accueil/accueil.asp |