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Au
premier tour des élections présidentielles, un fort taux dabstention a été
observé, de lordre de 26 % en moyenne. Il a surtout affecté les petites villes
(plus que les campagnes) et les grandes villes anciennement industrialisées qui souffrent
depuis 25 ans dun fort chômage chez les ouvriers et surtout chez les immigrés
devenus, volontairement ou par naissance, citoyens français. Cest le cas des
régions minières et sidérurgiques où les grandes industries lourdes ont fermé, comme
dans le Nord-Pas-de-Calais, particulièrement le Valenciennois, la Vallée de la Sambre et
la Thiérache (>29,5%), les départements lorrains et plus spécialement la Moselle,
où la plupart des usines métallurgiques de base et les mines de fer ont disparu et où
les Houillères de Lorraine sont en récession. |
Doit-on imputer
cette abstention aux villes plus quaux campagnes, aux petits vignerons, notamment
ceux du Cognac, qui craignent louverture jugée trop européenne des partis de
droite et de gauche ? Dans les Pyrénées-Atlantiques (64) et les Pyrénées-Orientales
(66), une part de labstention vient sans doute des milieux autonomistes basque et
catalan. Des régions à dominante rurale de Basse-Normandie, de Picardie, de
Champagne-Ardennes et du Centre, de même qu'en Bourgogne et en Rhône-Alpes, ont aussi
connu une grande abstention : il sagit surtout du malaise agricole et des problèmes
des PME agro-alimentaires. Pourtant, un département agricole comme la Marne (51)
manifeste également un fort taux dabstention. Ce sont aussi les mêmes
départements qui ont apporté une part notable de leurs voix au Front National. Il faut y
voir une forme de protestation muette contre la politique agricole commune et, chez les
éleveurs, contre les mesures dabattage de bétail prises par le gouvernement de
gauche, accompagnée d'une défiance vis-à-vis des partis de droite jugés trop «
intégristes européens ». |