Le vote pour Noël Mamère ("les Verts", écologistes de gauche) est supérieur au vote communiste : 4,5% de l’électorat en moyenne contre 3,5%. Les partisans des Verts se recrutent surtout pour plus de 5% en Bretagne et dans les pays de Loire, chez les agriculteurs comme chez les citadins (en liaison, pour certains, avec la tendance autonomiste bretonne), dans les départements à forte population agricole du Poitou-Charentes et, notamment, la Vienne (86) (Poitiers), et les Deux-Sèvres (79) (Niort), mais aussi en Aquitaine, en Gironde (33) (N. Mamère est maire de Bègles, dans la banlieue sud de Bordeaux), Dordogne (24) et  Pyrénées-Atlantiques (64), peut-être en liaison,ici, avec les autonomistes basques. Ce vote se retrouve en Midi-Pyrénées chez un certain nombre de citadins et d’agriculteurs, notamment les jeunes de la Région toulousaine hostiles aux industries dangereuses et polluantes (surtout après le traumatisme dû à l’explosion de l’usine AZF de Toulouse, en septembre 2001). Certains viticulteurs et pêcheurs du Languedoc votent pour les Verts, surtout dans l’Hérault. Le vote écologiste est également fort dans les villes d'Île-de-France, par protestation contre les pollutions dues à la densité des transports, aux bruits des avions autour des aéroports, aux mauvaises conditions d’habitation dans les grands ensembles HLM. Beaucoup de chômeurs et de mal logés votent aussi pour les Verts, ou pour l’extrême gauche (LCR, Lutte ouvrière).

L’un des enseignements de cette carte réside dans l'existence d'un vote relativement fort pour les Verts  dans les départements lorrains, surtout en Alsace et dans le Doubs (25), particulièrement dans les villes industrielles (Mulhouse, Strasbourg, Pays de Montbéliard, au nord du Doubs) ainsi qu'en Rhône-Alpes et dans les Alpes du Sud, en raison de l’opposition des gens du pays à l’augmentation constante de la pollution due aux transports routiers qui franchissent les Alpes par les tunnels du Mont Blanc et de Fréjus, et de ceux qui empruntent les autoroutes ou les routes dans l’axe de la vallée du Rhône. Il existe aussi une opposition aux usines chimiques, jugées trop polluantes, de la Région lyonnaise (Rhône (69), Isère (38) et Drôme (26)) et aux centrales et usines de traitement nucléaires de la Vallée du Rhône. Cette opposition se retrouve dans les deux départements d’Alsace : elle y est très hostile au maintien en fonctionnement des thermocentrales nucléaires des vallées du Rhin et du Rhône, et, en général, à la politique nucléaire d’Electricité de France et de l’Etat français, comme les Verts allemands et suisses du voisinage. Dans l’ensemble, pour ces régions alpines et rhodaniennes, le vote pour les Verts est surtout un vote urbain et de jeunes actifs, par ailleurs très ouverts sur la conception fédéraliste et régionaliste d’une Europe sociale ouverte à l’immigration. Les Verts sont dans l’ensemble partisans d’une décentralisation radicale des pouvoirs pour donner l’autorité à des régions autonomes et ils défendent les langues régionales, contrairement au parti communiste qui reste fidèle au centralisme national et à une Europe des nations souveraines. Aussi les Verts ont-ils pris beaucoup de voix, surtout dans l’électorat des moins de 40 ans ainsi que chez les citadins, étudiants, enseignants, cadres moyens, ouvriers et petits exploitants de la confédération paysanne (José Bové), au parti communiste en 1997 et encore plus en 2002.