Ce vote représente un courant républicain et social, attaché à l’Europe des Nations et hostile à une Europe supranationale. Il n’a intéressé en moyenne que 6% des votants, sauf dans le Territoire-de-Belfort (90), fief de Jean-Pierre Chevènement. Il a plus intéressé des électeurs de l’Île-de-France (notamment un certain nombre de cadres) et plutôt la France de l’Est et du Sud-Est (Franche-Comté surtout), le Rhône-Alpes et l'Auvergne, mais dans une faible mesure les départements du Midi, sauf la Corse (de 6 à 9%) où il s’est agi d’un vote pour le maintien de l’État centralisé.
Ce vote incarne donc, également, l'hostilité à une décentralisation régionale impliquant la reconnaissance des langues régionales et l'autonomie vis-à-vis des pouvoirs républicains. C'est pourquoi, s'il a concerné des électeurs du parti socialiste comme du RPR (parti de J. Chirac), il n’a pas réussi à transcender massivement les clivages traditionnels, même s'il a indéniablement affaibli le vote pour L. Jospin (candidat socialiste). Il n'a, bien sûr, nullement affecté le vote centriste (UDF), très fédéraliste européen. Ce courant semble n’avoir eu d’influence que sur une frange des électeurs traditionnellement gaullistes et nationalistes, qui ont surtout partagé leurs voix entre C. Pasqua (RPF: Rassemblement du Peuple Français), qui n’a eu au total qu’une très faible audience, et J. Chirac, appuyé par l’UMP (Union pour la Majorité Présidentielle, édifiée sur les décombres du RPR).