Les votes qui se sont portés sur Lutte Ouvrière (Arlette Laguiller) et la Ligue Communiste Révolutionnaire (Olivier Besancenot) représentent en moyenne 10% des votes exprimés aux élections présidentielles, ce qui n’est pas négligeable et en augmentation par rapport aux élections de 1997.
Ces deux mouvements sont issus de la dissidence trotskyste communiste internationaliste. Ils ont principalement gagné  des électeurs aux dépens du parti communiste, qui a perdu beaucoup d’électeurs d’extrême gauche depuis dix ans. Il s’agit surtout d’un vote protestataire contre la « société bourgeoise » - mais aussi contre le gouvernement de la « Gauche plurielle » - issu d’ouvriers à faibles revenus, d’étudiants idéalistes et contestataires ainsi que de chômeurs (des villes comme des campagnes) qui reprochent surtout au parti communiste français son appartenance à la gauche qui exerçait le pouvoir. Ces électeurs se rencontrent moins en Île-de-France qu’en Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Normandie, Bretagne, Poitou-Charentes, Limousin et Auvergne. Ils se recrutent chez tous les laissés-pour-compte des nouvelles technologies et de la mondialisation, surtout parmi les manœuvres et les non qualifiés qui trouvent difficilement un travail ou qui ont des salaires égaux ou voisins du SMIC. Tous les départements où leur vote dépasse 12% sont ceux dans lesquels le

chômage est fort et où existent des îlots de pauvreté. C’est le cas de bien des petites villes de l’Ouest, qui ont perdu leurs activités ancestrales sans récupérer d'activités touristiques ou de nouveaux pôles technologiques, de l’intérieur breton mais aussi des plateaux granitiques et volcaniques de la Haute-Vienne (87), du Puy-de-Dôme (63), en Auvergne, des vieilles zones industrielles du bocage manceau dans la Sarthe (72), en perte de vitesse par rapport à la concentration des activités sur Le Mans, des zones minières et sidérurgiques de la Campagne de Caen (14), des ports de pêche et d’industries navales du Havre, de Dieppe et de Fécamp en Seine-Maritime (76), ou encore des deux départements picards (Somme (80), Aisne (02)), qui connaissent un certain déclin industriel dans le textile et l’agro-alimentaire (Abbeville, Saint-Quentin et même Amiens).
Enfin, le vote pour l'extrême gauche marque, plus que le vote communiste, la Lorraine minière et sidérurgique (Meurthe-et-Moselle (54)). En revanche, le recrutement est plus faible dans le Midi, dans les villes gagnées par les nouvelles technologies et les activités touristiques : Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Provence et Rhône-Alpes sont un peu moins touchés par le chômage endémique que les Régions du Nord et de l’Ouest, surtout la façade méditerranéenne. Ces régions votent d'ailleurs plus pour le parti socialiste que pour le parti communiste, sauf dans quelques périphéries ouvrières.
Le vote pour l'extrême gauche est aussi un vote de refus de l’Europe libérale supranationale et l’expression d’une peur de la mondialisation (à comparer à cet égard avec le vote populaire pour le Front National.).