Le vote en faveur du candidat socialiste à la Présidentielle, Lionel Jospin, est nettement différent de celui de 1997 (élections législatives).
Le vote socialiste reste relativement fort en Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes, plus fort dans les villes que dans les campagnes et sur le littoral que dans l’intérieur rural breton ou charentais. Il est stationnaire ou en nette régression en Aquitaine et Midi-Pyrénées, sauf dans le Lot-et-Garonne (47) (Agen) et le Tarn-et-Garonne (82) (Montauban), où le recul est très sensible. Ces régions, qui votent traditionnellement à gauche, demeurèrent longtemps des fiefs du parti radical-socialiste (IIIè et IVè Républiques), autant dans les campagnes que dans les villes. Il existe de même une tradition du vote socialiste - comme du vote communiste - chez les ouvriers, les petits paysans et les employés du Limousin (surtout en Creuse (23) et Haute-Vienne (87)), en Auvergne du nord, dans le Puy-de-Dôme (63) (chez les salariés Michelin de Clermont-Ferrand, surtout) et dans l’Allier (03) (Montluçon-Commentry), de même qu'en Bourgogne, dans la Nièvre (58) (Nevers) et en Saône-et-Loire (71) (Chalons s/Saône et Mâcon).
Ailleurs, les défections sont fortement marquées. En dehors du Nord-Pas-de-Calais, autre foyer ouvrier qui n’a voté pour Jospin qu’à moins de 18% (contre 48 à 57% pour la gauche en 1997) et du cœur de l’Île-de-France (surtout Paris), où 

fonctionnaires et employés des services nationalisés sont l’électorat dominant (à côté de jeunes cadres et techniciens), la surprise est venue de l’Est français (Lorraine-Champagne-Franche-Comté) et surtout de Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où bon nombre d’électeurs ont voté pour J.-M. Le Pen (Front National) ou pour N. Mamère (Verts), voire se sont abstenus : la plupart des départements de Rhône-Alpes (notamment la Loire (42), le Rhône (69), l’Ain (01), la Haute-Savoie (74) et la Savoie (73)) ont opté pour Jospin à moins de 14%, lui préférant J. Chirac, F. Bayrou (centre droit) ou l’abstention. Il est frappant aussi de constater le fort recul socialiste en Picardie (Somme (80), Aisne (02) et Oise (60)), où la politique agricole socialiste n'a guère été appréciée, notamment en ce qui concerne la « vache folle » et la fièvre aphteuse, tout comme dans les départements fortement ruraux de l’Eure (27), de l’Orne (61) et de la Manche (50). Le centre et le nord de la Bourgogne (Yonne (89) et Côte-d’Or (21)) ont également eu moins d’électeurs socialistes : cette forte érosion s’explique en partie par le mécontentement des ouvriers et employés des nombreuses P.M.E. qui n’ont pu sauvegarder leurs emplois, et ce en l'absence de toute intervention vigoureuse du gouvernement Jospin (« majorité plurielle ») pour leur reclassement.
Dans l’ensemble, les métropoles et Paris ont eu un nombre assez important d’électeurs socialistes, surtout chez les fonctionnaires et agents de tous les services publics et nationalisés (qui ont approuvé la politique des 35 heures hebdomadaires) ainsi que chez les salariés des grandes entreprises publiques et privées (qui ont bénéficié de lois sociales très favorables).