Le tissu industriel du département des Bouches-du-Rhône a été placé sous le signe d’un triple héritage catégoriel : chimie, construction et réparation navales, aéronautique. Or, les espaces de haute technologie ont pris en grande partie le relais, coexistant avec les raffineries de pétrole et la pétroléochimie autour de l’Étang de Berre et dans la rade portuaire de Fos (Z.I.P.), avec la sidérurgie et la construction aéronautique présentes à Istres et à Marignane. La Région compte à présent 4 technopôles (d’après N.Vaudour-Jouve, Revue Méditerranée 1997 3-4).
Le technopôle de Château-Gombert, lancé en 1989, est une opération d’urbanisme s'étendant sur 180 ha dans la banlieue de Marseille. 85 PME, ayant pour la plupart une dimension internationale, y ont créé 1600 emplois spécialisés dans les technologies de l’information, la robotique, l’intelligence artificielle, l’appareillage médical ou l’ingénierie du traitement des sols et des sous-sols. Pour désenclaver le site, il est prévu d’y faire aboutir la ligne A du métro de Marseille et de la relier à la seconde rocade marseillaise et aux autoroutes A7 (Lyon-Marseille) et A8 (Avignon-Nice).

Le technopôle de Luminy-Marseille Sud rassemble 1500 chercheurs dans les sciences biologiques, de la physique des particules et de l’environnement marin dans une trentaine de laboratoires ; à proximité se sont implantées une dizaine de P.M.E. innovantes, spécialisées dans la biologie des anticorps, l’intelligence artificielle, l’ingénierie et l‘informatique (plus de 40% de leur chiffre d’affaires est assuré sur le marché international). Le technopôle du pays d’Aix-en-Provence regroupe une centaine d’entreprises disséminées au sein d’une nébuleuse périurbaine qui s'étire de la vallée de l’Arc à la vallée de la Durance, avec quatre pôles : Le Rousset, Gardanne (où existe encore une mine de houille), Puy-Sainte-Réparade et l’agglomération d’Aix. Ce quadritechnopôle plonge ses racines dans les stratégies de reconversion des anciens bassins miniers provençaux (bauxite et houille). Le Rousset est depuis 1977 un pôle européen de fabrication de microprocesseurs et de semi-conducteurs, avec des entreprises comme Thomson ou European Silicon Structure. La Zone périurbaine d’Aix-Ouest (L’Arbois) réunit une dizaine d’entreprises d’informatiques transférées de la région parisienne ou des filiales étrangères, qui ont choisi le site pour la présence du nouveau pôle universitaire d’Aix-Marseille III (spécialisé dans les géosciences de l’environnement), l’attrait du paysage provençal et, surtout, la qualité des relations rapides vers l’aéroport de Marseille-Provence et la gare du TGV Sud-Est, celle-ci plaçant, depuis 1999, la zone à trois heures de Paris. Enfin, le technopôle de Manosque-Saint Maurice, avec la proximité du donneur d’ordre du centre de recherches nucléaires de Cadarache, dans la Vallée de la Basse Durance, abrite, tout près de l’échangeur de l’A51, une quarantaine d’entreprises innovantes (technologies de pointe liées au nucléaire et télécommunications).
Une bonne part des entreprises classiques provient de la décentralisation, surtout d’origine marseillaise. Si le traitement des métaux non-ferreux (alumine et aluminium) subsiste à Gardanne, en relation avec la mine de houille, si les industries chimiques, les savonneries et l’agroalimentaire se maintiennent, traditionnellement liées à l'ancien port de Marseille, les zones industrielles ont essaimé vers l’Étang de Berre ou la périphérie aixoise, profitant des possibilités de circulation rapide, alors que Marseille a perdu une bonne part de ses industries dynamiques : à Vitrolles, par exemple, sur 566 implantations de PME, 38% sont d’origine marseillaise, mais il y a eu aussi des créations de toutes pièces comme à Aubagne-Gémenos, avec des activités de pointe dans l’informatique et le matériel médical. Les espaces technopolitains, programmés et aidés par l’État, ont permis le sauvetage d’une économie industrielle en perte de vitesse, trop liée aux activités anciennes du port de Marseille.