Après avoir été très densément industrialisé, le cœur de la Région parisienne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) se désindustrialise rapidement depuis 25 ans.
La Seine-Saint-Denis (surtout Saint-Denis, Aubervilliers, Pantin, Bobigny, La Courneuve, Aulnay et Stains) connaît une baisse des emplois dans les industries mécaniques et chimiques. L’expansion dans la Vallée de la Seine est freinée par les délocalisations en Province et à l’étranger.
Paris-capitale attire moins les investissements depuis les plans de régionalisation et les efforts des gouvernements pour inciter les entreprises à décentraliser des unités de production ou de recherches, et ce au profit de certaines métropoles provinciales, surtout du Midi.
L’économie francilienne reste cependant dynamique : plus de la moitié du PNB français provient de la Région parisienne qui concentre encore plus de 60% des chercheurs. La baisse importante du nombre des salariés industriels s’est ralentie mais les emplois se sont disséminées en lointaine périphérie, selon les grands axes de communication. Les villes nouvelles sont très attractives, notamment Saint-Quentin-en-Yvelines, Sénart et Marne-La-Vallée, au sud-ouest et à l’est de Paris.

Les investissements demeurent importants dans quatre filières dynamiques : électronique, informatique, chimie fine et pharmacie. La Défense joue le rôle de pôle dirigeant principal des entreprises françaises ou installées en France alors que, dans le centre de Paris, les Quartiers de la Bourse et des Champs-Elysées ont perdu la plupart des sièges sociaux et financiers, parce que l’immobilier de bureau est devenu rare et très cher, concurrencé par les résidences de haut standing. C'est pourquoi l’immobilier de bureaux de recherches et de services à usage industriel connaît une importante expansion autour de pôle de la Défense, comme à Rueil, ainsi que dans les villes nouvelles de Cergy-Pontoise et de Saint-Quentin-en-Yvelines (où se trouve par exemple le siège de Bouygues, « Challenger ») mais aussi dans beaucoup de villes moyennes des Yvelines et du Val-d’Oise. Le Département de l’Oise, grâce aussi à la proximité de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, est également gagné par cette expansion des services, surtout dans les villes de Senlis, Chantilly et Compiègne.
Cependant, en liaison avec le débouché maritime de Rouen et surtout du Havre, second port français, les activités industrielles à forte valeur ajoutée sont surtout captées par l’Ouest francilien depuis la fin des années 90. Parallèlement, l’hémorragie de l’emploi parisien a été stoppée, mais il s’agit d’emplois fortement qualifiés et surtout de laboratoires et de marketing-logistique, liés aux télécommunications et surtout à l'Internet. Toutefois, ce sont la grande couronne parisienne et les cinq villes nouvelles qui captent la plupart des investissements, la proximité des deux aéroports internationaux, Roissy et Orly, étant particulièrement appréciée. Là, en effet, se concentrent beaucoup de PME-PMI, à proximité des grands axes autoroutiers et surtout des deux grands pôles logistiques des transports routiers, Garonor et Sogaris, ce dernier étant lié au Marché-Gare d’envergure européenne de Rungis.
La ville nouvelle de Sénart est devenue depuis 1999 la plus attractive, en raison dee excellentes communications dont elle dispose. Les entreprises industrielles européennes y ont accru leur présence de manière très significative. Phénomène ludique très original, le succès d’Eurodynesland a favorisé la dynamique des unités technologiques logistiques : son voisinage a attiré de nouvelles entreprises comme l’usine des crayons Bic et des bureaux d’affaires, dans le prolongement de la ville nouvelle de Marne-La-Vallée. Plus que les industries, ce sont les services à usage industriel qui croissent le plus vite, notamment à Melun-Sénart, dans le voisinage de l’aéroport de Roissy et dans son aire d’attraction du Val-d’Oise. La Ville nouvelle d’Évry, qui détient déjà un centre de recherche de l’Aérospatiale et l’usine de propulseurs de Corbeil, est devenue un pôle de génie génétique. Mais IBM -Corbeil a réduit ses emplois et se restructure par suite de la saturation du marché informatique.
En revanche, malgré les rénovations de zones d’activités comme celle de la Plaine-Renaissance, le nombre de friches industrielles croît au nord de Paris, en Seine-Saint-Denis, avec la fermeture de nombreuses petites PMI sous-traitantes des anciennes grandes industries mécaniques qui ont disparu. Le soutien par l’Etat des PME-PMI est donc devenu nécessaire en Région parisienne. En 2000, l’extension de la Défense vers l’Ouest a été lancée car les bureaux neufs devenaient rares et chers, et ce jusqu’à la boucle de la Seine, vers Nanterre, Colombes, La Garenne, Gennevilliers et Argenteuil. La friche de l’ancienne usine de pneumatiques Kléber-Colombes a pu être utilisée pour installer, dans l’ombre de la Défense, des services supérieurs et des ateliers de haute technologie. Ford-France a installé son siège à Saint-Germain-en-Laye, à la place de l’Institut de recherches de la sidérurgie (IRSID) et Peugeot son siège régional à Poissy. Le rôle de l’axe Seine-Aval jusqu’à Vernon est ainsi renforcé. Mais pour favoriser un rééquilibre vers l’est, souhaité par les pouvoirs publics, le « Val d’ Europe » se développe rapidement à l’Est de Marne-la-Vallée, bénéficiant de la proximité réussie d’Euro-Disney pour devenir la plus importante opération d’urbanisme de la Région, avec bureaux et logements (40.000 à 50.000 habitants attendus avant 15 ans) : un pôle tertiaire international européen doit y voir le jour, toujours pour rééquilibrer vers l’est la Région Île-de-France qui a trop tendance à s’étendre vers l’ouest (Yvelines, Eure, Val-d’Oise).
La Région parisienne est devenue depuis 2000 le premier centre aéronautique et spatial européen avec les usines de l’Aérospatiale aux Mureaux, fabriquant les fusées Ariane, et les usines de moteurs et de lanceurs de Corbeil-Essonnes de la SNECMA, associées aux laboratoires de mise au point de lanceurs et de satellites. Son rôle est aussi particulièrement important en terme de recherche, puisque 48% des chercheurs français de ce secteur d’activité y travaillent. Par contre, sur le plan des effectifs et du PNB, l’industrie, qui représentait 28% des emplois en 1975, n’en détenait plus que 13% en 1999-2000. En contrepartie, le secteur tertiaire, c’est-à-dire tous les services, qui représentait déjà 63% des emplois en 1975, atteignait près de 82% en 2000.
L’expansion des industries s’est poursuivie depuis 1970-1980 dans la Basse Vallée de la Seine autour des pôles annexes de la « Porte Océane » de Rouen et du Havre, qui ont à la fois des industries portuaires de pétroléochimie (raffineries de pétrole), des usines chimiques et agroalimentaires. Entre Paris et Rouen, la vallée de la Seine a reçu l’ensemble des usines d’automobiles Renault et Peugeot (Poissy, Flins, Vernon, Cléon et Sandouville), sauf Citroën qui a quitté Paris (Quai de Javel) pour Aulnay (au Sud de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle). Plusieurs sous-traitants de l’automobile et de l’aérospatiale ont suivi cet essaimage hors région parisienne propre. La carte montre que les industries de haute technologie ont, dans l’ensemble, préféré les villes nouvelles, tandis que les industries lourdes se concentraient exclusivement en Basse Seine, à l’aval de Rouen.