Les investissements
demeurent importants dans quatre filières dynamiques : électronique, informatique,
chimie fine et pharmacie. La Défense joue le rôle de pôle dirigeant principal des
entreprises françaises ou installées en France alors que, dans le centre de Paris, les
Quartiers de la Bourse et des Champs-Elysées ont perdu la plupart des sièges sociaux et
financiers, parce que limmobilier de bureau est devenu rare et très cher,
concurrencé par les résidences de haut standing. C'est pourquoi limmobilier de
bureaux de recherches et de services à usage industriel connaît une importante expansion
autour de pôle de la Défense, comme à Rueil, ainsi que dans les villes nouvelles de
Cergy-Pontoise et de Saint-Quentin-en-Yvelines (où se trouve par exemple le siège de
Bouygues, « Challenger ») mais aussi dans beaucoup de villes moyennes des Yvelines et du
Val-dOise. Le Département de lOise, grâce aussi à la proximité de
laéroport de Roissy-Charles de Gaulle, est également gagné par cette expansion
des services, surtout dans les villes de Senlis, Chantilly et Compiègne.
Cependant, en liaison avec le débouché maritime de Rouen et surtout du Havre,
second port français, les activités industrielles à forte valeur ajoutée sont surtout
captées par lOuest francilien depuis la fin des années 90. Parallèlement,
lhémorragie de lemploi parisien a été stoppée, mais il sagit
demplois fortement qualifiés et surtout de laboratoires et de marketing-logistique,
liés aux télécommunications et surtout à l'Internet. Toutefois, ce sont la grande
couronne parisienne et les cinq villes nouvelles qui captent la plupart des
investissements, la proximité des deux aéroports internationaux, Roissy et Orly, étant
particulièrement appréciée. Là, en effet, se concentrent beaucoup de PME-PMI, à
proximité des grands axes autoroutiers et surtout des deux grands pôles logistiques des
transports routiers, Garonor et Sogaris, ce dernier étant lié au Marché-Gare
denvergure européenne de Rungis.
La ville nouvelle de Sénart est devenue depuis 1999 la plus attractive, en raison
dee excellentes communications dont elle dispose. Les entreprises industrielles
européennes y ont accru leur présence de manière très significative. Phénomène
ludique très original, le succès dEurodynesland a favorisé la dynamique des
unités technologiques logistiques : son voisinage a attiré de nouvelles entreprises
comme lusine des crayons Bic et des bureaux daffaires, dans le prolongement de
la ville nouvelle de Marne-La-Vallée. Plus que les industries, ce sont les services à
usage industriel qui croissent le plus vite, notamment à Melun-Sénart, dans le voisinage
de laéroport de Roissy et dans son aire dattraction du Val-dOise. La
Ville nouvelle dÉvry, qui détient déjà un centre de recherche de
lAérospatiale et lusine de propulseurs de Corbeil, est devenue un pôle de
génie génétique. Mais IBM -Corbeil a réduit ses emplois et se restructure par suite de
la saturation du marché informatique.
En revanche, malgré les rénovations de zones dactivités comme celle de la
Plaine-Renaissance, le nombre de friches industrielles croît au nord de Paris, en
Seine-Saint-Denis, avec la fermeture de nombreuses petites PMI sous-traitantes des
anciennes grandes industries mécaniques qui ont disparu. Le soutien par lEtat des
PME-PMI est donc devenu nécessaire en Région parisienne. En 2000, lextension de la
Défense vers lOuest a été lancée car les bureaux neufs devenaient rares et
chers, et ce jusquà la boucle de la Seine, vers Nanterre, Colombes, La Garenne,
Gennevilliers et Argenteuil. La friche de lancienne usine de pneumatiques
Kléber-Colombes a pu être utilisée pour installer, dans lombre de la Défense,
des services supérieurs et des ateliers de haute technologie. Ford-France a installé son
siège à Saint-Germain-en-Laye, à la place de lInstitut de recherches de la
sidérurgie (IRSID) et Peugeot son siège régional à Poissy. Le rôle de laxe
Seine-Aval jusquà Vernon est ainsi renforcé. Mais pour favoriser un rééquilibre
vers lest, souhaité par les pouvoirs publics, le « Val d Europe » se
développe rapidement à lEst de Marne-la-Vallée, bénéficiant de la proximité
réussie dEuro-Disney pour devenir la plus importante opération durbanisme de
la Région, avec bureaux et logements (40.000 à 50.000 habitants attendus avant 15 ans) :
un pôle tertiaire international européen doit y voir le jour, toujours pour
rééquilibrer vers lest la Région Île-de-France qui a trop tendance à
sétendre vers louest (Yvelines, Eure, Val-dOise).
La Région parisienne est devenue depuis 2000 le premier centre aéronautique et
spatial européen avec les usines de lAérospatiale aux Mureaux, fabriquant les
fusées Ariane, et les usines de moteurs et de lanceurs de Corbeil-Essonnes de la SNECMA,
associées aux laboratoires de mise au point de lanceurs et de satellites. Son rôle est
aussi particulièrement important en terme de recherche, puisque 48% des chercheurs
français de ce secteur dactivité y travaillent. Par contre, sur le plan des
effectifs et du PNB, lindustrie, qui représentait 28% des emplois en 1975,
nen détenait plus que 13% en 1999-2000. En contrepartie, le secteur tertiaire,
cest-à-dire tous les services, qui représentait déjà 63% des emplois en 1975,
atteignait près de 82% en 2000.
Lexpansion des industries sest poursuivie depuis 1970-1980 dans la
Basse Vallée de la Seine autour des pôles annexes de la « Porte Océane » de Rouen et
du Havre, qui ont à la fois des industries portuaires de pétroléochimie (raffineries de
pétrole), des usines chimiques et agroalimentaires. Entre Paris et Rouen, la vallée de
la Seine a reçu lensemble des usines dautomobiles Renault et Peugeot (Poissy,
Flins, Vernon, Cléon et Sandouville), sauf Citroën qui a quitté Paris (Quai de Javel)
pour Aulnay (au Sud de laéroport Roissy-Charles de Gaulle). Plusieurs
sous-traitants de lautomobile et de laérospatiale ont suivi cet essaimage
hors région parisienne propre. La carte montre que les industries de haute technologie
ont, dans lensemble, préféré les villes nouvelles, tandis que les industries
lourdes se concentraient exclusivement en Basse Seine, à laval de Rouen. |