La France a connu durant 120 ans un fort développement industriel fondé sur les bassins charbonniers et sidérurgiques. Deux catégories de zones industrielles s'étaient développées :
- les zones d’industries lourdes et manufacturières, soit sur les bassins houillers, soit dans les ports d’estuaires et de rades (Marseille, Le Havre, Dunkerque, Nantes), soit encore à proximité de quelques grandes métropoles marchandes (Lyon, Paris, Lille-Roubaix-Tourcoing, Toulouse et Grenoble), où se multipliérent les usines textiles, d’automobiles et de constructions mécaniques, attirant une forte population étrangère immigrée;
- des zones d'industries diffuses héritées de la petite industrie métallurgique et mécanique, dans le Nord, les vallées ardennaises, la Haute Saône, le Territoire de Belfort et Monbéliard, dans le sud de l’Alsace ainsi que dans la vallée de la Loire, le Nivernais, les zones de Montluçon-Commentry, du Creusot et de Gueugnon (avec des forges demeurées longtemps très célèbres) et, enfin, dans le Bassin de Saint-Etienne, berceau des chemins de fer français.
Au XXè siècle se sont ajoutées les industries lourdes pétrolières et chimiques, les constructions navales à Dunkerque, au Havre, à Saint-Nazaire et à Nantes, à Brest, au Boucau près de Bayonne et autour de Marseille (La Ciotat, Toulon), la sidérurgie et la pétroléochimie « sur l’eau », à l’époque dite des « trente glorieuses » (1950-1980). De puissantes raffineries se sont installées sur la Basse Seine, la Basse Loire, autour de l’Étang de Berre (avec les ports pétroliers spécialisés de Lavera, Fos, Berre-l’Étang) et, enfin, à Dunkerque (complexe industriel-portuaire).

Des oléoducs transportent les produits raffinés dans l’intérieur et, sur leur trajet, se sont implantées des usines pétroléochimiques. À cela s’est ajoutée l’industrie d’extraction de gisements d’uranium et de traitement du minerai, d’enrichissement et de retraitement des déchets permettant à la France d’être l’une des plus grandes productrices d’électricité nucléaire au monde, tout en exploitant aussi pétrole et gaz naturel, dont les gisements nationaux de Lacq (sud de l'Aquitaine) et de Pechelbronn (Alsace) sont toutefois épuisés ou en voie d'épuisement. Le nucléaire, associé aux exploitations pétrolières et gazières de mer du Nord qui dépendent de compagnies françaises, a procuré à la France une relative indépendance énergétique vis-à-vis des producteurs du Proche-Orient. Depuis 1950, les bassins houillers ont connu un déclin continu et inexorable ; seuls subsistent encore en extraction le Bassin houiller lorrain, proche de Sarrebrück, et le petit bassin de Gardanne près de Marseille.
La carte montre des zones qui ont connu une crise des emplois entre 1960 et 1980 (entourées d’un trait gris). Ce sont celles de la plupart des zones traditionnelles d’industries depuis le XVIIIè siècle. La plupart des industries textiles et métallurgiques en milieu rural a disparu, entraînant un fort exode rural ; les fonderies et forges des Ardennes ont fermé autour de Mézières-Charleville et de Sedan. De même, l’électro-chimie et l’électro-métallurgie, dans les Alpes du Nord, si florissantes au XIXe siècle, ont connu une éclipse de grande ampleur. Les usines textiles traditionnelles et toutes les firmes utilisant le travail posté, dit  « à la chaîne », ont été obligées, à la fin des années 70, de se restructurer ou de disparaître. Dans ces zones, le chômage a touché la plupart des petites et moyennes entreprises métallurgiques ou mécaniques sous-traitantes. De même, la sidérurgie s’est repliée sur le littoral de Dunkerque ou sur la zone de Fos, pour s’approvisionner en Mauritanie ou au Brésil aux dépens des mines de fer lorrain qui ont dû cesser leurs activités. La crise a été particulièrement ressentie dans les trois bassins sidérurgiques du Creusot, de Saint-Étienne et de la Lorraine du Nord, où seules ont subsisté les entreprises d’aciers spéciaux et de mécanique fine. Les chantiers navals de Nantes et du Havre ont dû également fermer au début des années 1980.