En 1270,
deux États échappent encore au Royaume de France :
1- le domaine Anglo-Normand (en rose pale) de la dynastie des
Plantagenets, Comtes d'Anjou, du Poitou et de Maine, Ducs de Normandie et rois
d'Angleterre dès 1216. Aussi, à partir d'Edouard III, cette famille revendique-t-elle la
Couronne de France lorsque la dynastie des Valois monte sur le trône de France : c'est
l'origine de la Guerre de Cent Ans (du 13e au 15e s.). À la suite de la défaite des
Anglo-Normands en 1453, ces domaines reviennent aux Capétiens, avec le Duché de
Normandie;
2- l'État Flamand-Bourguignon (en rose), créé à l'issue de
mariages par les Ducs de Bourgogne, associant les Flandres et le Vermandois
(Saint-Quentin) à la Bourgogne et la Franche-Comté, et ce, jusqu'en 1477 (défaite et
mort de Charles le Téméraire). Cet ensemble passe ensuite sous le
contrôle des Habsbourg-Lorraine, dans le cadre du Saint Empire Romain Germanique (ligne
violette).
Le Duché de Bretagne est concrètement rattaché à la France
dès 1492, par le mariage du roi Charles VIII avec la Duchesse Anne de Bretagne. Après la
fin de la dynastie des Valois (mort d'Henri III), les Bourbons accèdent au trône
de France en 1589 avec Henri IV qui rattache à la France la Navarre, le Béarn
ainsi que les Comtés de Bigorre et de Foix (en rayures rouges).
Louis XIV (roi de 1643 à 1715), par mariage ainsi que par
conquêtes sur les Espagnols et les Impériaux, annexe à la France :
- en 1659, par mariage, le Roussillon, la Cerdagne (détachés du Comté de
Barcelone) et le Pays basco-béarnais (rayures violettes);
- en 1669, par conquête, le Comté de Flandre, la Franche-Comté et la Bresse (en
rayures violettes);
- en 1678, par conquête, l'Alsace (en rayures violettes).
Mais, en contrepartie, la France perd les Flandres belge et néerlandaise ainsi que
la Navarre.
Sous Louis XV (roi de 1723 à 1774), la République de
Gênes cède la Corse (en violet) à la France (Traité de
Versailles en 1768) moyennant un arrangement financier.
Durant la période
révolutionnaire, furent rattachés à la France :
- le Comtat Venaissin (pays d'Avignon), par plébiscite, en 1791 (le Comtat
Venaissin dépendait du Saint-Siège depuis qu'il avait été cédé par Philippe III le
Hardi au pape Grégoire X en 1274);
- la Principauté de Montbéliard (en gris), par la force, en 1795.
Sous Napoléon III, enfin, ce fut par un plébiscite au suffrage
direct que les citoyens ratifièrent, en 1860, la cession par le nouveau Royaume d'Italie
du Duché de Savoie et du Comté de Nice (en jaune).
Auparavant, de ce patrimoine de duchés, de comtés et de principautés rattachés
à la France par mariages, héritages, ventes, annexions ou conquêtes de la monarchie, la
Révolution française avait voulu faire table rase en créant, dès
1791, des départements uniformes dont les chefs-lieux devaient être
situés à une heure de cheval (60 à 70 Km) de leur périphérie. Les régions actuelles
ont peu tenu compte, lors de leur création en 1961, de l'existence et des limites des
anciennes Provinces royales. Même si elles ont souvent emprunté leurs noms aux anciennes
Provinces, les régions sont des assemblages de départements. |