Le territoire français est issu des quatre Gaules : Gaule Belgique pour tout le Nord actuel et le Nord-Est, Gaule celtique pour l'ouest de la Normandie et de la Bretagne jusqu'au Nivernais et au Lyonnais, Aquitaine (Armagnac, Gascogne, Guyenne, Poitou, Vendée) et Province Romaine ou Narbonnaise (Provence, Languedoc, Roussillon). Le nom de France désigne à l'origine le territoire des Francs Saliens qui occupaient, d'abord au milieu du 3e s. ap. J.C., la Flandre du Nord, le delta de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin. La "Francia" désigne, au milieu du 6e s., le nord de la Gaule Belgique, conquise par les Francs, Neustrie et Austrasie, au nord de la Loire, dès le règne du roi Clovis, devenu chrétien lors de son couronnement à Reims et de la dynastie mérovingienne.
Après les invasions germaniques et la fin de la Gaule Romaine, le territoire français fut partagé entre les héritiers de l'empire carolingien, sauf le duché de Bretagne, resté celtique et indépendant des Carolingiens. La France est née du partage de Verdun (843). Le royaume de Charles le Chauve s'établit des Flandres au Comté de Toulouse, jusqu'en Navarre-Aragon et au Comté de Barcelone. Dans la partie attribuée à Lothaire, dite Lotharingie (à l'origine du nom de la Lorraine), figuraient le Duché de Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, le Lyonnais et la Bresse, le Vivarais, le Dauphiné et le Comté de Provence, qui furent ensuite associés au Saint Empire Romain Germanique.
Les premiers Capétiens régnaient au début du 12e s. sur un Domaine Royal Capétien allant du Valois à l'Orléanais (en bleu). Au 13e s., la France capétienne s'étendit nettement vers le sud (en bleu clair), par ses nombreux fiefs, du Berry au Dauphiné, à la Provence et au Languedoc. Après la Croisade contre les Albigeois, le Comté de Toulouse fut rattaché à la Couronne en 1270, à la mort de saint Louis (Louis IX).

En 1270, deux États échappent encore au Royaume de France :
1- le domaine Anglo-Normand (en rose pale) de la dynastie des Plantagenets, Comtes d'Anjou, du Poitou et de Maine, Ducs de  Normandie et rois d'Angleterre dès 1216. Aussi, à partir d'Edouard III, cette famille revendique-t-elle la Couronne de France lorsque la dynastie des Valois monte sur le trône de France : c'est l'origine de la Guerre de Cent Ans (du 13e au 15e s.). À la suite de la défaite des Anglo-Normands en 1453, ces domaines reviennent aux Capétiens, avec le Duché de Normandie;
2- l'État Flamand-Bourguignon (en rose), créé à l'issue de mariages par les Ducs de Bourgogne, associant les Flandres et le Vermandois (Saint-Quentin) à la Bourgogne et la Franche-Comté, et ce, jusqu'en 1477 (défaite et mort de Charles le Téméraire). Cet ensemble passe ensuite sous le contrôle des Habsbourg-Lorraine, dans le cadre du Saint Empire Romain Germanique (ligne violette).
Le Duché de Bretagne est concrètement rattaché à la France dès 1492, par le mariage du roi Charles VIII avec la Duchesse Anne de Bretagne. Après la fin de la dynastie des Valois (mort d'Henri III), les Bourbons accèdent au trône de France en 1589 avec Henri IV qui rattache à la France la Navarre, le Béarn ainsi que les Comtés de Bigorre et de Foix (en rayures rouges).
Louis XIV (roi de 1643 à 1715), par mariage ainsi que par conquêtes sur les Espagnols et les Impériaux, annexe à la France :
- en 1659, par mariage, le Roussillon, la Cerdagne (détachés du Comté de Barcelone) et le Pays basco-béarnais (rayures violettes);
- en 1669, par conquête, le Comté de Flandre, la Franche-Comté et la Bresse (en rayures violettes);
- en 1678, par conquête, l'Alsace (en rayures violettes).
Mais, en contrepartie, la France perd les Flandres belge et néerlandaise ainsi que la Navarre.
Sous Louis XV (roi de 1723 à 1774), la République de Gênes cède la Corse (en violet) à la France (Traité de Versailles en 1768) moyennant un arrangement financier.

Durant la période révolutionnaire, furent rattachés à la France :
- le Comtat Venaissin (pays d'Avignon), par plébiscite, en 1791 (le Comtat Venaissin dépendait du Saint-Siège depuis qu'il avait été cédé par Philippe III le Hardi au pape Grégoire X en 1274);
- la Principauté de Montbéliard (en gris), par la force, en 1795.
Sous Napoléon III, enfin, ce fut par un plébiscite au suffrage direct que les citoyens ratifièrent, en 1860, la cession par le nouveau Royaume d'Italie du Duché de Savoie et du Comté de Nice (en jaune).
Auparavant, de ce patrimoine de duchés, de comtés et de principautés rattachés à la France par mariages, héritages, ventes, annexions ou conquêtes de la monarchie, la Révolution française avait voulu faire table rase en créant, dès 1791, des départements uniformes dont les chefs-lieux devaient être situés à une heure de cheval (60 à 70 Km) de leur périphérie. Les régions actuelles ont peu tenu compte, lors de leur création en 1961, de l'existence et des limites des anciennes Provinces royales. Même si elles ont souvent emprunté leurs noms aux anciennes Provinces, les régions sont des assemblages de départements.